Chaque année, le mois d’octobre se pare de rose pour sensibiliser au cancer du sein. Mais derrière le ruban rose, l’enjeu est surtout de mieux informer sur la maladie, ses facteurs de risque et l’importance de sa détection précoce.
Et peut-être aussi de parler davantage de ce qui vient avec et après la maladie.
Parce qu’un cancer du sein et ses traitements peuvent aussi bouleverser le rapport au corps, le désir, la confiance en soi ou l’intimité. Des sujets qui font pleinement partie de la qualité de vie et qui méritent, eux aussi, d’avoir leur place dans la conversation.
Cancer du sein : où en est-on en France ?
Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez les femmes en France. 61 214 nouveaux cas ont été estimés en France en 2023 et près de 80 % des cancers du sein se développent après 50 ans, selon les données de l’Institut national du cancer.
Ces chiffres rappellent aussi l’importance d’une détection précoce. Lorsqu’il est détecté tôt, le cancer du sein guérit dans 9 cas sur 10. Une détection à un stade précoce permet également, de manière générale, de proposer des traitements moins lourds et de limiter certaines séquelles. L’Assurance Maladie rappelle l’importance du dépistage pour identifier la maladie le plus tôt possible.
D’où l’intérêt de connaître les recommandations de dépistage, mais aussi les facteurs qui peuvent augmenter le risque de développer la maladie.
Cancer du sein : peut-on agir sur certains facteurs de risque ?
Il n’existe évidemment pas une cause unique au cancer du sein, ni une recette permettant de l’éviter. Certains facteurs de risque sont indépendants de nos comportements.
C’est notamment le cas de l’âge, des antécédents médicaux personnels ou familiaux et de certaines prédispositions génétiques. L’âge est un facteur particulièrement important puisque près de 80 % des cancers du sein se développent après 50 ans.
D’autres facteurs sont en revanche associés au mode de vie. La consommation d’alcool et de tabac, le surpoids ou encore le manque d’activité physique font notamment partie des facteurs de risque identifiés par l’Institut national du cancer.
Réduire sa consommation d’alcool, ne pas fumer, pratiquer une activité physique régulière, surveiller son poids et avoir une alimentation variée et équilibrée peuvent ainsi contribuer à réduire le risque de développer un cancer du sein.
Et le choix des mots est important : réduire le risque ne signifie pas supprimer le risque. Développer un cancer n’est pas la conséquence d’un comportement que l’on aurait « mal » adopté.
Dépistage du cancer du sein : quels sont les bons réflexes ?
Le cancer du sein peut se développer sans provoquer immédiatement de symptômes. Le dépistage et la surveillance régulière permettent justement de repérer certaines anomalies le plus tôt possible.
Les recommandations ne sont cependant pas les mêmes selon l’âge et le niveau de risque.
Dès 25 ans : un examen clinique chaque année
À partir de 25 ans, un examen clinique des seins est recommandé chaque année. Il peut être réalisé par un médecin généraliste, un·e gynécologue ou une sage-femme.
Cet examen consiste notamment à observer et à palper les seins afin de rechercher d’éventuelles anomalies. Cette recommandation est notamment rappelée par l’Institut national du cancer sur son site dédié au dépistage.
Entre 50 et 74 ans : le dépistage organisé
En France, les femmes âgées de 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particulier, sont invitées à participer au programme national de dépistage organisé du cancer du sein tous les deux ans.
Celui-ci comprend une mammographie associée à un examen clinique des seins. Lorsque la mammographie ne montre pas d’anomalie, les clichés bénéficient également d’une seconde lecture par un autre radiologue. Environ 6 % des cancers détectés dans le cadre du programme le sont grâce à cette seconde lecture. L’Institut national du cancer détaille ici le déroulement du dépistage organisé.
En présence d’antécédents personnels ou familiaux ou de certaines prédispositions génétiques, les modalités de surveillance peuvent être différentes. Un professionnel de santé pourra alors évaluer le niveau de risque et proposer un suivi adapté à la situation individuelle.
Et entre deux examens ?
Rester attentive à son corps compte aussi.
Une grosseur dans un sein ou sous une aisselle, une modification récente de la forme ou de la taille du sein, un changement au niveau du mamelon, un écoulement inhabituel ou encore une modification de la peau peuvent amener à consulter un professionnel de santé.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer. Mais lorsqu’un changement inhabituel apparaît, mieux vaut en parler à un professionnel de santé plutôt que d’attendre le prochain dépistage.
À retenir
- À partir de 25 ans : un examen clinique des seins chaque année.
- De 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particulier : un dépistage organisé tous les deux ans.
- En cas de changement inhabituel : ne pas attendre le prochain dépistage pour consulter.
- En cas de risque particulier : le suivi est adapté avec un professionnel de santé.
Et après le diagnostic ? La santé ne s’arrête pas aux traitements
Parler du cancer du sein, c’est évidemment parler de prévention, de dépistage et de traitements. Mais la maladie peut aussi avoir des conséquences qui ne se voient pas toujours.
Fatigue, transformations physiques, effets secondaires des traitements, rapport au corps qui change… Pendant et après un cancer, il peut être nécessaire de se réapproprier un corps que la maladie et les soins ont beaucoup sollicité.
L’Institut national du cancer rappelle notamment que le cancer du sein et ses traitements peuvent affecter l’image corporelle et l’estime de soi. Une chirurgie, une modification de la poitrine, une perte de cheveux, des changements au niveau de la peau ou du poids, la fatigue ou encore une baisse de la libido peuvent modifier la façon dont une personne perçoit son propre corps.
Et cela peut naturellement avoir des répercussions sur l’intimité.
Corps, désir, intimité : quand la sexualité aussi est bouleversée
On parle beaucoup des conséquences physiques du cancer. Celles qui touchent à la sexualité et à l’intimité sont parfois moins faciles à aborder.
Pourtant, elles existent.
Le cancer et ses traitements peuvent avoir des conséquences physiques et psychologiques sur la vie intime. Fatigue, diminution du désir, changements corporels, perte de confiance en soi ou certaines difficultés physiques peuvent notamment modifier la manière dont on vit sa sexualité. Les effets rencontrés varient beaucoup d’une personne à l’autre, de la maladie et des traitements reçus.
Mais surtout, la sexualité ne se résume pas à un rapport sexuel.
Comme le rappelle l’Institut national du cancer dans sa ressource consacrée à la vie intime et à la sexualité, elle englobe aussi l’affection, l’intimité, la tendresse ou encore la parole.
L’intimité peut donc évoluer pendant la maladie, après les traitements ou prendre temporairement une place moins importante.
Il n’y a pas de calendrier à respecter ni de sexualité « normale » à retrouver.
Certaines personnes auront rapidement envie de renouer avec leur intimité. D’autres auront besoin de temps. Et retrouver une vie intime ne signifie pas forcément revenir exactement à celle que l’on avait avant la maladie.
Le corps peut avoir changé. Les sensations aussi. Les envies également.
L’essentiel est de pouvoir avancer à son rythme, sans faire du retour à la sexualité une nouvelle injonction après tout ce que le corps vient déjà de traverser.
Sexualité après un cancer : ne pas hésiter à en parler
Les difficultés liées à l’intimité ou à la sexualité ne sont ni anecdotiques ni déplacées dans un parcours de soins.
Si une douleur, un inconfort, une baisse de désir ou un changement dans la vie intime devient difficile à vivre, il est possible d’en parler avec l’équipe soignante ou un professionnel de santé.
L’Institut national du cancer encourage à parler de ces questions et rappelle que les conséquences du cancer sur la vie intime peuvent être abordées avec les professionnels qui accompagnent la personne pendant et après les traitements.
Il n’y a pas de « petite » question lorsqu’elle touche à sa qualité de vie.
Pour retrouver des informations fiables sur le cancer du sein, son dépistage, les traitements ou la vie pendant et après la maladie, vous pouvez également consulter Cancer.fr, le site de l’Institut national du cancer, ainsi que les ressources de l’Assurance Maladie consacrées au cancer du sein.
Pourquoi espaceplaisir prend la parole pendant Octobre Rose ?
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Parce que le bien-être intime fait partie du bien-être tout court, il nous semble important de laisser aussi une place aux moments où le désir change, où le rapport au corps évolue ou lorsque l’intimité se vit simplement différemment.
Pour celles et ceux qui souhaitent retrouver progressivement une place pour le plaisir dans leur quotidien, nous avons également réuni une sélection dédiée au bien-être intime.







