Vous avez peut-être déjà aperçu le sigle LGBTQIA+ dans la rue, à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Il revient de plus en plus souvent, et c’est une bonne chose : il permet de mieux nommer la diversité des orientations sexuelles, des identités de genre et des vécus.
Mais entre LGBT, LGBTQ, LGBTQIA+ ou encore LGBTQI2S+, il est normal de s’y perdre un peu. Que signifie chaque lettre ? Pourquoi l’acronyme évolue-t-il ? Et à quoi sert vraiment ce fameux “+” à la fin ? On fait le point simplement, sans jargon inutile.
LGBTQIA+ : l’essentiel à retenir
- LGBTQIA+ désigne un ensemble d’orientations sexuelles, d’identités de genre et de vécus liés à la diversité ;
- chaque lettre représente une identité ou une orientation : lesbienne, gay, bisexuel·le, transgenre, queer, intersexe, asexuel·le… ;
- le “+” permet d’inclure les personnes qui ne se reconnaissent pas forcément dans les lettres principales ;
- le sigle évolue avec le temps, car les mots utilisés pour parler des identités évoluent eux aussi ;
- l’objectif n’est pas de mettre tout le monde dans une case, mais de rendre davantage de personnes visibles.
LGBTQIA+ : un acronyme pour rassembler toute une communauté
Qu’est-ce qui se cache derrière ce sigle ?
L’acronyme LGBTQIA+ permet de désigner une communauté très diverse de personnes dont l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou les caractéristiques sexuelles ne correspondent pas toujours aux normes hétérosexuelles ou cisgenres dominantes.
Dit comme ça, ça peut paraître un peu théorique. En réalité, ce sigle sert surtout à donner de la visibilité à des personnes qui ont longtemps été marginalisées, discriminées ou tout simplement invisibilisées.
Le mouvement LGBT moderne est souvent associé aux émeutes de Stonewall, à New York, en 1969. À cette époque, les personnes gays, lesbiennes, bisexuelles, trans ou queers subissent encore de nombreuses violences et discriminations. La révolte de Stonewall devient alors un symbole important de résistance et de lutte pour les droits.
Un an plus tard, en 1970, la première marche des fiertés est organisée. Depuis, les Pride sont devenues des moments de visibilité, de revendication et de solidarité pour les personnes LGBTQIA+ et leurs allié·e·s.
Aujourd’hui encore, l’objectif reste le même : pouvoir vivre librement son orientation sexuelle, son identité de genre et ses relations sans honte, sans peur et sans discrimination.
LGBT, LGBTQ, LGBTQIA+ : quelles différences ?
Au départ, on parlait surtout de LGBT, pour lesbiennes, gays, bisexuel·le·s et transgenres. Puis le sigle s’est élargi au fil du temps pour mieux représenter la diversité des parcours et des identités.
Le Q a été ajouté pour queer ou questioning. Le I permet de représenter les personnes intersexes. Le A est généralement utilisé pour les personnes asexuelles, aromantiques ou agenres selon les contextes. Quant au “+”, il reconnaît toutes les autres identités et orientations qui ne sont pas forcément nommées dans l’acronyme court.
Il n’existe pas un seul sigle “parfait” qui fasse totalement consensus. Certaines personnes utilisent LGBT, d’autres LGBTQ+, LGBTQIA+ ou encore LGBTI+. Ce n’est pas forcément une contradiction : c’est aussi le signe que le langage évolue avec les besoins des personnes concernées.
Pourquoi le sigle LGBTQIA+ évolue-t-il ?
Les mots utilisés pour parler d’orientation sexuelle et d’identité de genre ne sont pas figés. Des organisations comme GLAAD rappellent que plusieurs versions du sigle existent, et que le “+” sert justement à reconnaître les identités qui ne sont pas toujours incluses dans les formes plus courtes de l’acronyme.
Ce n’est donc pas une question de “rajouter des lettres pour compliquer les choses”, mais plutôt de mieux représenter la diversité réelle des personnes concernées.
Définition du sigle LGBTQIA+
Après ce rapide retour sur le contexte, voyons plus concrètement ce que signifie chaque lettre du sigle LGBTQIA+.
- L pour lesbienne : une personne lesbienne est généralement une femme attirée affectivement ou sexuellement par d’autres femmes.
- G pour gay : le terme gay désigne souvent un homme attiré affectivement ou sexuellement par d’autres hommes. Il peut aussi être utilisé plus largement selon les contextes.
- B pour bisexuel·le : une personne bisexuelle peut être attirée par plusieurs genres. Cela ne signifie pas forcément une attirance “égale” ou vécue de la même façon pour chaque genre.
- T pour transgenre : une personne transgenre ne s’identifie pas au genre qui lui a été assigné à la naissance. Une femme trans est une femme, un homme trans est un homme.
- Q pour queer ou questioning : queer peut être utilisé comme terme parapluie par des personnes qui ne se reconnaissent pas dans les normes classiques de genre ou de sexualité. Questioning désigne les personnes qui se questionnent encore sur leur orientation ou leur identité.
- I pour intersexe : une personne intersexe naît avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas strictement aux définitions médicales habituelles du masculin ou du féminin.
- A pour asexuel·le : une personne asexuelle ressent peu ou pas d’attirance sexuelle. Cela ne veut pas forcément dire absence de désir, de relations ou de sentiments amoureux.
- + pour inclure d’autres identités : le “+” permet de reconnaître les personnes qui ne se retrouvent pas forcément dans les lettres principales, mais qui appartiennent aussi à la diversité des orientations, genres et vécus.
Pourquoi le “+” est-il important ?
Le “+” peut sembler discret, mais il a une vraie importance. Il évite de donner l’impression que seules les lettres nommées comptent. Certaines personnes sont pansexuelles, non-binaires, agenres, aromantiques, bispirituelles ou utilisent d’autres mots pour parler d’elles-mêmes.
Plutôt que d’allonger le sigle à l’infini, le “+” permet de garder une formule plus simple tout en rappelant que la diversité ne s’arrête pas aux identités les plus connues.
Et c’est aussi pour ça qu’il faut éviter de voir l’acronyme comme une liste fermée. Les mots changent, les usages évoluent, et les personnes concernées restent les mieux placées pour définir leur propre identité.
Faut-il forcément connaître toutes les lettres ?
Non, et heureusement. Personne ne vous demande de réciter un dictionnaire complet à chaque conversation.
En revanche, connaître les grandes lignes permet d’éviter certaines maladresses et de mieux comprendre les personnes concernées. C’est déjà un bon début.
Le plus important reste souvent très simple : écouter, ne pas supposer, respecter les mots que les personnes utilisent pour parler d’elles-mêmes, et accepter qu’on puisse apprendre au fur et à mesure.
Nos réponses à vos questions sur le sigle LGBTQIA+
Quelle est la différence entre LGBT et LGBTQIA+ ?
LGBT est une version plus courte du sigle, qui signifie lesbiennes, gays, bisexuel·le·s et transgenres. LGBTQIA+ est une version plus inclusive, qui ajoute notamment les personnes queers, intersexes, asexuelles et toutes celles représentées par le “+”. Les deux sigles peuvent être utilisés selon les contextes, mais LGBTQIA+ permet de mieux refléter la diversité de la communauté.
Que signifie le “Q” dans LGBTQIA+ ?
Le “Q” peut signifier queer ou questioning. Queer est un terme utilisé par certaines personnes pour parler d’une orientation sexuelle ou d’une identité de genre qui ne rentre pas dans les catégories classiques. Questioning désigne plutôt les personnes qui se questionnent encore sur leur orientation, leur genre ou leur manière de se définir.
Pourquoi le sigle LGBTQIA+ change-t-il avec le temps ?
Parce que le langage évolue avec les personnes qui l’utilisent. Certaines identités longtemps invisibilisées trouvent peu à peu leur place dans les discussions publiques. Le sigle s’adapte donc pour être plus inclusif, même s’il n’existe pas une seule version universelle. Le “+” permet justement d’éviter d’exclure les personnes qui ne se retrouvent pas dans les lettres principales.
Comment parler de la communauté LGBTQIA+ sans se tromper ?
Le plus simple est de rester respectueux·se et ouvert·e. Vous n’avez pas besoin de tout maîtriser parfaitement, mais vous pouvez éviter les suppositions, demander les pronoms si le contexte s’y prête, et utiliser les mots que les personnes emploient pour se définir. En cas de doute, l’écoute vaut souvent mieux qu’une certitude mal placée.