Les maladies sexuelles, aussi appelées IST ou infections sexuellement transmissibles, font souvent peur. Pourtant, mieux les comprendre permet de vivre sa sexualité avec plus de confiance, sans dramatiser ni renoncer au plaisir.
Symptômes, dépistage, préservatif, hygiène des sextoys, dialogue avec ses partenaires… certains réflexes simples peuvent vous aider à réduire les risques. Dans cet article, nous vous expliquons les bons réflexes à connaître pour mieux vous protéger et profiter plus sereinement de votre sexualité.
L’essentiel à savoir sur les maladies sexuelles :
- les maladies sexuelles sont aujourd’hui plutôt appelées IST, ou infections sexuellement transmissibles ;
- certaines IST peuvent provoquer des symptômes, mais beaucoup passent aussi inaperçues ;
- le dépistage reste le seul moyen fiable de savoir si l’on est porteur d’une IST ;
- le préservatif, le lubrifiant adapté et l’hygiène des sextoys aident à réduire les risques pendant les rapports ;
- en cas de doute, de symptômes ou de rapport non protégé, il est conseillé de consulter un médecin, un laboratoire ou un centre de dépistage.
Maladies sexuelles, MST, IST : de quoi parle-t-on vraiment ?
Avant de parler prévention et dépistage, il est important de comprendre ce que recouvrent vraiment les termes maladies sexuelles, MST et IST.
Pourquoi parle-t-on plutôt d’IST aujourd’hui ?
On utilise encore souvent les mots maladies sexuelles ou MST. Pourtant, le terme IST, pour infections sexuellement transmissibles, est aujourd’hui plus juste. Pourquoi ? Parce qu’une infection peut être présente dans le corps sans provoquer de symptômes visibles. Une personne peut donc avoir une IST, la transmettre lors de rapports sexuels, et ne pas savoir qu’elle est concernée.
Les IST peuvent être causées par des bactéries, des virus ou des parasites. Elles se transmettent surtout lors de rapports vaginaux, anaux ou oraux non protégés. Parfois aussi par contact avec la peau, les muqueuses ou le sang, selon les infections. C’est le cas, par exemple, du VIH, de la syphilis, de la chlamydia, de la gonorrhée, du HPV ou encore de l’herpès génital.
Quels symptômes doivent vous alerter ?
Certaines IST peuvent passer inaperçues, mais d’autres provoquent des signes qu’il vaut mieux ne pas ignorer.
Les symptômes qui indiquent qu’il vaut mieux consulter :
- des brûlures en urinant ;
- des ganglions au niveau de l’aine ;
- des douleurs pendant les rapports sexuels ;
- un écoulement inhabituel au niveau du pénis ;
- des pertes vaginales d’une couleur ou d’une odeur inhabituelle ;
- des rougeurs, gonflements ou inflammations des organes génitaux ;
- des boutons, plaies, verrues ou lésions sur la peau ou les muqueuses ;
- une fièvre, une fatigue inhabituelle ou des douleurs dans le bas-ventre.
Quelles sont les infections sexuellement transmissibles à connaître ?
Les infections sexuellement transmissibles ne se manifestent pas toutes de la même façon. Dans ce tableau, on vous partage les principales IST et les bons réflexes associés.
| IST | Ce que c’est | Symptômes possibles | Dépistage / diagnostic | Bon réflexe |
|---|---|---|---|---|
| Chlamydia | Infection bactérienne fréquente | Souvent aucun symptôme, brûlures, douleurs, pertes inhabituelles | Prélèvement local ou test urinaire | Se faire dépister après des rapports non protégés, même sans symptôme |
| Gonorrhée | Infection bactérienne aussi appelée gonococcie | Écoulement, brûlures en urinant, douleurs, parfois aucun signe | Prélèvement local ou test urinaire | Consulter rapidement en cas d’écoulement ou de gêne inhabituelle |
| Syphilis | Infection bactérienne qui évolue par étapes | Petite plaie indolore, boutons, éruption, parfois symptômes discrets | Prise de sang | Demander un test en cas de plaie, de doute ou de rapport à risque |
| VIH | Virus qui attaque le système immunitaire | Signes proches d’un état grippal au début, puis parfois aucun symptôme pendant des années | Prise de sang, test rapide ou autotest selon les cas | Faire un dépistage après un risque et demander conseil rapidement |
| HPV | Virus très fréquent, aussi appelé papillomavirus | Souvent aucun symptôme, verrues génitales et lésions du col de l’utérus dans certains cas | Examen médical, frottis ou test HPV selon les situations | Le préservatif ne protège pas complètement, penser à la vaccination |
| Herpès génital | Virus responsable de poussées récurrentes | Vésicules, brûlures, démangeaisons, douleurs localisées | Examen médical, parfois prélèvement | Éviter les contacts sexuels pendant une poussée |
| Hépatite B | Virus qui peut toucher le foie | Fatigue, fièvre, jaunisse, parfois aucun symptôme | Prise de sang | Vérifier sa vaccination et se protéger lors des rapports |
| Trichomonase | Infection due à un parasite | Pertes inhabituelles, odeur, irritation, gêne urinaire, parfois aucun signe | Prélèvement local | Se faire dépister en cas de gêne ou après un rapport à risque |
Ce tableau donne des repères, mais il ne remplace pas un diagnostic médical. La seule façon de savoir si l’on est porteur d’une IST est le dépistage. En cas de doute, de symptômes ou de rapports sexuels non protégés, n’hésitez pas à consulter un médecin, un laboratoire ou un centre de dépistage.
Bon à savoir :
Selon l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), quatre IST fréquentes sont généralement curables : chlamydiose, gonorrhée, syphilis et trichomonase. Les infections virales comme le VIH, l’herpès ou l’hépatite B ne se guérissent pas toujours, mais peuvent être suivies et contrôlées avec une prise en charge adaptée.
Comment réduire les risques d’IST sans renoncer au plaisir ?
Se protéger des infections sexuellement transmissibles ne veut pas dire renoncer au plaisir. L’idée, c’est plutôt d’adopter quelques réflexes simples pour vous sentir plus libre et en confiance pendant les rapports.
Le préservatif, un réflexe simple pour des rapports plus sereins
Le préservatif reste l’un des meilleurs alliés pour réduire les risques d’IST lors des rapports sexuels. Externe ou interne, il crée une barrière de protection entre les muqueuses et limite la transmission de nombreuses infections sexuellement transmissibles.
Pour qu’il soit agréable à utiliser, il doit aussi être bien choisi. Un préservatif trop serré, trop large ou mal déroulé peut gêner les sensations, glisser ou se déchirer. Taille, matière, épaisseur, texture, préservatif sans latex… il existe aujourd’hui de nombreuses options pour trouver celui qui convient le mieux à votre corps et à vos envies.
Bon à savoir :
Le préservatif peut être insuffisant pour certaines infections transmises par contact peau à peau, comme l’herpès génital ou le HPV. La prévention passe donc aussi par le dépistage, la vaccination quand elle existe et le dialogue avec ses partenaires.
Le lubrifiant, un petit plus pour le confort et la protection
On pense souvent au lubrifiant pour le confort, un peu moins pour la prévention. Pourtant, il peut aider le préservatif à mieux jouer son rôle en limitant les frottements, et donc les risques de déchirure pendant les rapports.
L’important est de choisir un lubrifiant compatible avec le préservatif utilisé. Les produits gras, par exemple, peuvent fragiliser le latex et rendre la protection moins fiable. Même réflexe pour les sextoys : un lubrifiant mal adapté peut altérer certaines matières et favoriser l’accumulation de bactéries.
Pour éviter les mauvaises surprises, retenez que les lubrifiants à base d’eau sont compatibles avec les préservatifs et la majorité des sextoys.
Sextoys, hygiène et partage : les bons réflexes
Les sextoys entrent en contact avec les muqueuses et les fluides corporels. Pour limiter les risques d’infections, vous pouvez :
- nettoyer votre sextoy avant et après chaque utilisation ;
- utiliser un savon doux ou un nettoyant adapté ;
- ajouter un préservatif si le sextoy est partagé ;
- changer de protection entre deux partenaires.
Bon à savoir :
Si vous alternez entre stimulation anale et vaginale, pensez à changer le préservatif avant de passer de l’une à l’autre.
Mémo : quand faire un dépistage des IST ?
Le dépistage n’est pas réservé aux situations d’urgence. C’est un réflexe simple, parfois un peu intimidant, mais très utile pour prendre soin de votre santé et de celle de vos partenaires.
Il est conseillé :
- en cas de symptômes, même légers ;
- après des rapports sexuels non protégés ;
- en cas de préservatif oublié, mal utilisé ou déchiré ;
- si un ou une partenaire vous informe d’un diagnostic positif ;
- au début d’une nouvelle relation, surtout avant d’arrêter le préservatif ;
- si vous avez plusieurs partenaires sexuels ou que vous souhaitez simplement faire le point.
Tous les tests ne se font pas forcément au même moment selon l’IST recherchée. En cas de doute, le plus simple est donc de demander conseil à un médecin, un laboratoire ou un centre de dépistage.
Ce qu’en disent les chiffres :
Santé publique France indique qu’en 2024, environ 61 100 personnes ont reçu un diagnostic d’infection à Chlamydia trachomatis, 25 800 de gonococcie et 6 500 de syphilis. Les diagnostics de ces IST poursuivent leur augmentation depuis 2022, ce qui rappelle l’importance du dépistage régulier, sans attendre forcément l’apparition de symptômes.
Nos réponses à vos questions sur les maladies sexuelles et les IST
Quelle est la différence entre MST et IST ?
MST signifie maladie sexuellement transmissible, tandis qu’IST signifie infection sexuellement transmissible. Aujourd’hui, le terme IST est privilégié, car une infection peut être présente sans provoquer de symptômes visibles. Une personne peut donc être porteuse d’une IST sans se sentir malade.
Le préservatif protège-t-il de toutes les IST ?
Le préservatif externe ou interne reste le meilleur moyen de réduire les risques lors des rapports sexuels. Il ne protège toutefois pas toujours complètement des infections transmises par contact peau à peau, comme le HPV ou l’herpès génital. C’est pourquoi la prévention repose aussi sur le dépistage, le dialogue avec ses partenaires et, quand elle existe, la vaccination.
Où faire un dépistage des IST ?
Vous pouvez faire un dépistage des IST auprès d’un médecin, dans un laboratoire de biologie médicale, dans un CeGIDD ou dans certains centres de santé sexuelle. Selon votre situation, les tests peuvent se faire par prise de sang, prélèvement local ou test urinaire. En cas de doute, un professionnel pourra vous orienter vers les examens adaptés, puis si besoin le traitement nécessaire.


