Un vol long-courrier de 11 heures. Un petit secret bien placé. Et l’impression que tout le monde pouvait s’en rendre compte… sans que personne ne sache vraiment.
J’avais lu quelque part qu’un défi était bon pour l’ego. J’avais donc décidé de relever le mien : porter mon nouveau stimulateur prostatique pendant tout un vol long-courrier.
Je l’avais inséré chez moi, juste avant de partir pour l’aéroport. Le passage à la sécurité avait été tendu, mais j’avais réussi à passer. Une fois installé en business class, le vrai défi a commencé.
Les premières heures ont été presque agréables. Une excitation diffuse, constante, comme une caresse intérieure. Mais quand les turbulences sont arrivées, tout a changé.
À chaque secousse de l’avion, le stimulateur appuyait plus fort, plus précisément sur ma prostate. Le plaisir est devenu presque insoutenable. Profond. Lourd. Irradiant depuis le bassin jusqu’au creux du ventre, puis dans tout le corps. Ce n’était pas comme un orgasme habituel. C’était plus lent, plus puissant, presque viscéral. Une vague chaude et intense qui montait progressivement, prenait possession de moi, me faisait trembler des jambes jusqu’aux épaules. Mon sexe pulsait, dur et sensible, sans que je puisse le toucher. J’ai dû serrer les dents, enfoncer mes ongles dans les accoudoirs, faire semblant de dormir pour masquer les spasmes qui me traversaient.
Le premier orgasme prostatique m’a pris par surprise vers la cinquième heure. Une chaleur intense s’est répandue depuis l’intérieur, comme une explosion lente et continue. Mon corps s’est contracté violemment, par vagues successives, sans éjaculation. J’ai senti mes muscles internes se serrer autour du jouet, encore et encore, pendant de longues secondes qui m’ont paru interminables. J’ai retenu mon souffle, la tête tournée vers le hublot, le front couvert de sueur. C’était incroyablement puissant et humiliant à la fois.
Puis un deuxième est arrivé, encore plus fort. Et un troisième. Chaque fois, le plaisir était plus profond, plus envahissant. Je me sentais complètement exposé, même si personne ne pouvait deviner ce qui se passait.
À l’atterrissage, j’étais épuisé, vidé, encore parcouru de légers frissons.
La femme d’une soixantaine d’années assise à côté de moi — élégante, regard vif — s’est penchée légèrement vers moi avec un petit sourire espiègle et m’a murmuré :
— Dites donc… ça avait l’air d’être un vol très agréable pour vous. J’espère que vous avez pensé à mettre votre téléphone en mode avion, parce que ça vibrait drôlement fort par moments.
J’ai senti mon visage devenir écarlate. Elle m’a fait un clin d’œil complice avant de se lever tranquillement, comme si de rien n’était.
J’avais tenu onze heures.
Et je venais probablement de vivre l’un des vols les plus intenses — et les plus embarrassants — de toute ma vie.