Julien a vu une publicité, un soir, en scrollant trop tard sur son téléphone. Trois jours plus tard, un colis discret atterrit dans l’entrée. La vraie question est de savoir comment l’annoncer à Sophie sans que ça sonne complètement ridicule.
Le carton attend depuis deux jours au fond de mon dressing, caché sous une pile de pulls d’hiver. Je l’ai placé là avec un soin presque ridicule, comme si son contenu risquait de révéler à lui seul tous mes désirs secrets.
Ce soir, les enfants dorment enfin chez leurs grands-parents. Une nuit rien qu’à nous. Sophie est déjà au lit, adossée contre les oreillers, quand elle remarque mon air un peu trop détaché.
— Tu me caches quelque chose, dit-elle en croisant les bras, un sourire en coin.
— Pas caché. Plutôt… préparé.
Je sors le paquet et le pose entre nous sur le lit. Elle le regarde un long moment, intriguée, puis le saisit.
Elle déchire l’emballage avec une prudence amusée. Quand elle découvre l’objet, elle hausse un sourcil, mi-surprise, mi-moqueuse.
— Sérieusement, Julien ?
— J’ai vu une pub. Et je me suis dit… pourquoi pas nous ?
Elle retourne l’objet entre ses mains, l’observe sous tous les angles, puis attrape la notice avec la même concentration qu’elle mettrait dans un dossier important. On passe les dix minutes suivantes collés l’un contre l’autre, à décrypter les instructions mal traduites, à appuyer sur les boutons, à rire chaque fois que l’appareil vibre soudainement trop fort ou change de rythme sans prévenir.
— Bon, finit-elle par dire en reposant la notice, les yeux brillants. On arrête de lire ou on essaie ?
Elle s’allonge sur le dos, encore un peu raide, le corps traversé par cette tension entre curiosité et légère appréhension. Je m’installe à ses côtés, l’appareil tiède dans la main. La lumière est tamisée, juste assez pour voir son visage.
Je commence doucement, laissant l’objet effleurer l’intérieur de ses cuisses, puis remonter lentement. Au début, elle garde les yeux ouverts, un petit sourire aux lèvres, comme si elle observait l’expérience de loin.
Puis son souffle change. Il devient plus lent, plus profond. Ses paupières s’alourdissent. Ses lèvres s’entrouvrent légèrement. Je sens ses hanches qui commencent à bouger imperceptiblement, cherchant le contact. Plus je varie les intensités et les mouvements, plus son corps se détend… et s’abandonne.
Ses mains, qui agrippaient encore le drap, se relâchent complètement. Elle ferme les yeux. Un léger soupir lui échappe, puis un autre plus long. Je la regarde se transformer sous mes yeux : ses joues qui rosissent, sa poitrine qui se soulève plus vite, la façon dont ses cuisses s’écartent un peu plus, comme une invitation inconsciente.
— Julien… murmure-t-elle d’une voix déjà plus rauque.
Peu à peu, elle perd pied. Son dos se cambre, ses hanches ondulent avec plus d’insistance contre l’appareil. Sa respiration n’est plus régulière : elle devient haletante, entrecoupée de petits gémissements qu’elle ne retient plus. Ses cuisses tremblent légèrement autour de ma main.
Je ne change rien. Je reste exactement là où elle en a besoin.
Puis ça monte d’un coup. Son corps tout entier se tend. Une main agrippe mon bras avec force, l’autre froisse le drap. Un cri rauque, profond, lui échappe. Un cri libéré, presque surprenant par son intensité. Il résonne dans la chambre silencieuse, long et vibrant, tandis que tout son corps est traversé par des vagues successives de plaisir.
Elle reste un long moment suspendue, secouée de frissons, le souffle court, le visage complètement détendu.
Quand elle redescend enfin, un sourire immense, presque incrédule, se dessine sur ses lèvres. Elle garde les yeux fermés encore quelques secondes, comme pour prolonger l’instant.
— Oh mon Dieu… souffle-t-elle enfin, la voix encore un peu cassée.
Je pose l’appareil et viens m’allonger contre elle. Elle se blottit immédiatement contre mon torse, une jambe passée sur les miennes, encore parcourue de légers tremblements.
— Ça va ? je demande doucement en caressant son dos.
— Mes jambes ne répondent plus, répond-elle avec un petit rire essoufflé. Je crois qu’on va garder ce truc.