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Histoires érotiques : Evitement de justesse

un couple qui s'embrasse en voiture

On se connaissait depuis des années. On était « juste amis ». Jusqu’à cette nuit où une biche a traversé la route.

Je ramenais Alice chez elle après une soirée chez des amis communs. Comme d’habitude. On avait discuté tout le long du trajet : musique, anecdotes drôles, projets futurs. Rien de spécial.

Jusqu’à ce que la biche surgisse sur la route.

J’ai donné un violent coup de volant. La voiture a fait une embardée brutale sur le bas-côté. Pendant une fraction de seconde, j’ai cru qu’on allait finir dans le fossé. Le cœur battant à tout rompre, j’ai réussi à reprendre le contrôle et à arrêter la voiture sur le bord de la route.

Le silence est tombé d’un coup dans l’habitacle.

— Whaou… a murmuré Alice, la main encore crispée sur la poignée de la porte.

On s’est regardés. L’adrénaline courait encore dans nos veines, puissante, presque étourdissante. Et puis, sans qu’on sache vraiment qui a commencé, on s’est embrassés.

Ce n’était pas un baiser doux. C’était urgent, affamé, comme si toute cette tension accumulée depuis des mois explosait enfin.

Alice a grimpé sur moi avec une impatience presque maladroite, passant par-dessus le levier de vitesse dans un enchevêtrement de jambes et de tissu. On s’est retrouvés coincés l’un contre l’autre dans l’espace confiné de la voiture, riant nerveusement entre deux baisers de plus en plus fiévreux. L’habitacle semblait soudain ridiculement étroit pour tout ce qu’on voulait faire.

J’ai glissé mes mains sous sa robe, relevant le tissu sur ses hanches pour caresser la peau douce de ses cuisses. Pendant ce temps, elle s’attaquait aux boutons de mon pantalon, ses doigts tremblants d’excitation et d’urgence. Nos gestes étaient pressés, mal coordonnés. Le volant me rentrait douloureusement dans le bas du dos à chaque mouvement, son genou gauche était coincé contre la portière, et le frein à main nous blessait la cuisse à tour de rôle.

On essayait malgré tout de se rapprocher, de fusionner, de se toucher vraiment, mais chaque tentative était entravée par un nouvel obstacle. On se cognait, on jurait à voix basse, on riait de notre propre ridicule… et pourtant, cette maladresse ne faisait que rendre le moment encore plus électrique. L’excitation était à son comble, presque insupportable.

À un moment, Alice s’est cogné la tête contre le plafond et on a éclaté de rire en même temps, essoufflés et complètement ridicules.

— C’est pas possible, a-t-elle dit en riant, toujours assise sur moi. On est vraiment en train d’essayer de faire ça dans ta Clio pourrie ?

— Techniquement, on est en train d’échouer lamentablement, ai-je répondu en souriant contre son cou.

On s’est regardés un long moment, encore haletants. Puis elle a murmuré, les yeux brillants :

— On va chez moi ?

Je n’ai même pas pris le temps de répondre. J’ai redémarré.

La biche nous avait probablement sauvés de plusieurs années de non-dits.