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Douleurs sexuelles : mieux comprendre ce qui fait mal

Femme de dos, allongée sur un lit sous la couette, pour illustrer les douleurs sexuelles.

Si vous avez déjà cherché des informations sur les douleurs sexuelles, vous êtes sûrement rapidement tombé sur des listes de troubles associés et de causes possibles. Pourtant, avant d’essayer de trouver soi-même une explication à sa douleur, encore faut-il réussir à décrire ce que l’on ressent.

Toutes les douleurs ne se ressemblent pas. Brûlure, picotements, tiraillement, sensation de pression… Même lorsqu’elles ont une origine similaire, elles peuvent varier d’une personne à l’autre. Parfois, il suffit d’ajouter du lubrifiant ou de changer de position sexuelle pour que l’inconfort disparaisse. Dans d’autres cas, la douleur revient, persiste ou s’accompagne d’autres symptômes.

Pour sa santé sexuelle, il est donc important de mettre des mots sur sa douleur et de se poser les bonnes questions. Dans cet article, nous passons en revue les douleurs sexuelles les plus courantes et la manière dont elles se manifestent, avant d’aborder leurs causes possibles et les premiers réflexes à adopter.

Ce qu’il faut retenir :
  • Les douleurs sexuelles peuvent être très différentes d’une personne à l’autre : brûlure, irritation, douleur profonde, gêne pendant la pénétration ou au moment de l’orgasme…Elles peuvent apparaître pendant une activité sexuelle, mais aussi après.
  • Une douleur ne suffit pas à en déterminer la cause. Sa localisation, le moment où elle apparaît, sa fréquence, le contexte et les éventuels symptômes associés sont autant d’informations utiles pour mieux comprendre ce que vous ressentez.
  • Les douleurs sexuelles ne concernent pas uniquement la pénétration vaginale ni les personnes qui ont un vagin. Elles peuvent aussi toucher le pénis, survenir pendant une pénétration anale, avec un sextoy ou sans pénétration.
  • Avoir mal ne signifie pas forcément souffrir d’une maladie ou d’un trouble. Le manque de lubrification, les frottements, la position, la profondeur, l’intensité de la stimulation ou encore un sextoy inadapté peuvent parfois expliquer une douleur ponctuelle.
  • Lorsqu’une pratique fait mal, il est utile d’observer ce qui déclenche ou apaise la douleur et d’adapter la stimulation lorsque cela suffit. Une douleur qui persiste, revient régulièrement ou s’accompagne d’autres symptômes mérite d’être évoquée avec un professionnel de santé.

Toutes les douleurs sexuelles ne se ressemblent pas

Personne écrivant son ressenti dans un carnet pour mieux décrire ses douleurs sexuelles.

Un mot revient souvent : dyspareunie. Il désigne les douleurs provoquées par un rapport sexuel, notamment lors de la pénétration. Pourtant, le fait d’avoir mal ne signifie pas nécessairement que vous souffrez d’un trouble ou d’une maladie sexuelle. Et contrairement à ce que l’on pense, les douleurs sexuelles ne concernent pas uniquement la pénétration vaginale.

Idée reçue : la dyspareunie ne concerne que les femmes

On les associe souvent à la vulve et au vagin, mais les dyspareunies concernent aussi les personnes qui ont un pénis. Chez les hommes, ces douleurs peuvent être liées au prépuce, au gland, à la verge, aux testicules, à l’urètre ou à la prostate.

Dire que vous avez mal ne raconte donc finalement qu’une petite partie de ce que vous ressentez. Une douleur peut être légère ou intense, occasionnelle ou régulière, toujours au même endroit ou non. Très personnelle, elle peut être ressentie différemment d’une personne à l’autre, même lorsque la cause est similaire.

C’est pour cette raison qu’avant de chercher son origine, il est important de prendre le temps d’observer comment votre douleur se manifeste. Sa localisation compte, bien sûr, mais aussi le moment où elle apparaît, sa fréquence, le contexte ou encore la présence d’autres symptômes.

Vous ne savez pas par où commencer ? Nous avons préparé une checklist à imprimer et à remplir pour vous aider à faire le point. Vous pouvez cocher ce qui correspond à votre situation et ajouter vos propres observations. Gardez-la pour vous ou emportez-la si vous décidez d’en parler à un professionnel de santé. Elle peut vous servir de pense-bête pour retrouver plus facilement quand, où et dans quelles circonstances la douleur apparaît.

Et surtout, ne considérez pas la douleur comme quelque chose qu’il faut juste accepter. Avoir mal pendant ou après un rapport n’est pas normal. Lorsque la douleur revient, persiste ou vous préoccupe, mieux vaut en parler à un professionnel de santé avant qu’elle ne prenne trop de place dans votre sexualité ou entraîne une baisse de désir.

Quelles sont les douleurs sexuelles les plus courantes ?

Branche couverte d’épines pour symboliser la sensation de douleur.

Les douleurs sexuelles peuvent se manifester de nombreuses façons, selon la zone concernée et le moment où elles apparaissent. Passons en revue les plus courantes et quelques-unes de leurs causes possibles, sans oublier qu’un symptôme seul ne suffit pas à en déterminer la cause.

J’ai mal à la vulve, au clitoris ou à l’entrée du vagin

Brûlure, picotements, irritation, sensation de coupure ou zone douloureuse au toucher : les douleurs ressenties au niveau de la vulve peuvent prendre différentes formes. Elles peuvent apparaître pendant la pénétration, mais aussi lors d’une caresse, d’une stimulation du clitoris ou simplement au contact de la zone.

Parfois, l’explication est simple. Les frottements répétés ou une sécheresse vaginale peuvent rendre les tissus plus sensibles et provoquer une douleur. Une irritation ou une réaction à un produit utilisé sur la zone intime peuvent aussi être en cause.

Si la douleur s’accompagne de démangeaisons, de pertes inhabituelles, de rougeurs ou de brûlures en urinant, elle peut aussi être associée à une infection, une mycose vaginale ou une inflammation. L’Assurance Maladie recommande de consulter lorsque des symptômes de vaginite apparaissent.

Bon à savoir :

Une douleur vulvaire qui persiste ne doit pas être banalisée. Lorsqu’elle dure depuis au moins trois mois sans cause clairement identifiable, on parle de vulvodynie.

La pénétration est douloureuse, difficile ou impossible

La pénétration peut parfois être possible, mais douloureuse, ou donner l’impression que quelque chose « bloque » et empêche d’aller plus loin. Dans certains cas, elle peut même sembler impossible.

À noter :

Cette difficulté ne concerne pas seulement l’introduction d’un pénis dans le vagin. Elle peut aussi apparaître lors de l’insertion d’un doigt, d’un sextoy ou même d’un tampon en dehors des rapports sexuels.

Parmi les causes possibles, le vaginisme provoque une contraction involontaire des muscles du périnée. La crispation n’est pas volontaire, c’est un réflexe qui peut rendre la pénétration douloureuse, difficile ou impossible.

Mais une pénétration difficile n’est pas forcément synonyme de vaginisme. La douleur peut avoir d’autres origines, d’où l’intérêt de ne pas tirer de conclusion à partir de ce seul symptôme.

Le conseil d’espaceplaisir :

Si vous ressentez des douleurs, n’essayez pas de forcer pour “passer outre” ou faire plaisir à votre partenaire. Vous risquez surtout d’accentuer la douleur et l’appréhension. Mieux vaut en parler à un professionnel de santé pour comprendre ce qui provoque cette difficulté.

J’ai mal pendant une pénétration profonde

La pénétration se passe bien au début, mais une douleur apparaît lorsque les mouvements pénétrants sont plus profonds. Elle peut être ressentie dans le vagin, mais aussi plus haut dans le bassin ou le bas-ventre. Certaines positions sexuelles peuvent aussi la déclencher.

Bon à savoir :

Une pénétration très profonde peut être inconfortable selon votre position et votre anatomie. Une douleur occasionnelle peut donc tout simplement être liée au contexte du rapport.

Si la douleur est récurrente, elle peut avoir une origine médicale. Les douleurs profondes dans le bas ventre pendant les rapports sexuels font d’ailleurs partie des symptômes de l’endométriose, mais elles peuvent aussi être liées à d’autres causes.

Le conseil d’espaceplaisir :

Pensez à noter les symptômes qui accompagnent vos douleurs, ce sont des informations utiles à transmettre à votre professionnel de santé. Vous pouvez vous aider de notre checklist et du tableau proposé en fin d’article.

J’ai mal après un rapport sexuel

Tout semble bien se passer sur le moment, puis la douleur apparaît quelques minutes ou quelques heures après le rapport.

Après un rapport particulièrement long ou intense, les frottements et les mouvements répétés peuvent laisser la zone sensible pendant quelque temps. Mais si la douleur revient régulièrement, dure longtemps ou s’accompagne d’autres symptômes, il est important de ne pas simplement l’attribuer au rapport.

Vous pouvez ressentir une brûlure ou une irritation au niveau de la vulve, mais aussi des douleurs dans le bassin ou le bas-ventre. Ces sensations peuvent ressembler à celles décrites précédemment, ce qui montre une nouvelle fois qu’une douleur seule ne permet pas d’en déterminer la cause.

À observer :

Le moment où la douleur apparaît est aussi un indice utile. Notez si elle commence immédiatement après le rapport ou plusieurs heures plus tard, combien de temps elle dure et si d’autres signes apparaissent en même temps (brûlures en urinant, pertes inhabituelles, saignements…).

J’ai mal au pénis ou aux testicules pendant ou après un rapport

Main d’homme tenant la main de son partenaire en signe de soutien.

La douleur peut se situer au niveau du gland, du prépuce, du frein ou être ressentie plus largement dans le pénis. Elle peut apparaître avec les frottements, pendant l’érection ou lors de la pénétration, mais aussi persister après le rapport.

Une irritation ponctuelle peut simplement être liée aux frottements, mais certaines douleurs ont une origine plus spécifique :

À observer :

Essayez surtout de repérer où et quand la douleur apparaît : au moment de l’érection, lorsque le prépuce se rétracte, pendant les mouvements ou après le rapport.

Une rougeur, une fissure, un gonflement, une courbure inhabituelle ou un saignement sont des informations importantes à signaler à votre professionnel de santé.

J’ai mal pendant ou après une pénétration anale

Les douleurs anales peuvent apparaître dès l’introduction dans l’anus, lorsque la pénétration est plus profonde ou encore après le rapport.

Le contexte de la pratique peut parfois l’expliquer : un manque de préparation au sexe anal, pas assez de lubrifiant, un va-et-vient trop rapide ou des mouvements brusques peuvent rendre la zone douloureuse. Mais les douleurs ressenties pendant la sodomie ne sont pas forcément provoquées par la pratique elle-même.

Ce qu’il faut retenir :

Idéalement, une pénétration anale ne doit pas faire mal. Vous pouvez ressentir une sensation de tension ou un léger inconfort, mais vous ne devez pas avoir à supporter la douleur « pour vous habituer ».

Si vous ressentez une douleur, ralentissez ou arrêtez la pénétration. Vous pouvez ajouter plus de lubrifiant anal et adapter le rythme pour améliorer votre confort. Si elle persiste, revient régulièrement ou s’accompagne de saignements importants, mieux vaut en parler à un médecin.

J’ai mal au moment de l’orgasme

Le rapport est agréable, vous êtes sur le point de jouir… et une douleur se déclenche au moment de l’orgasme, ou juste après. Elle peut toucher le bassin, le bas-ventre ou les organes génitaux.

Les douleurs de l’orgasme peuvent concerner tout le monde, même si elles ne se manifestent pas forcément de la même façon :

Plusieurs origines sont possibles : musculaires, gynécologiques, urologiques, neurologiques ou infectieuses. Certains médicaments peuvent aussi être impliqués.

À observer :

Essayez de repérer le moment précis où la douleur apparaît : pendant la montée du plaisir, au moment de l’orgasme, lors de l’éjaculation ou juste après.

Pourquoi peut-on avoir mal pendant ou après une activité sexuelle ?

Jambes de deux partenaires enlacées dans un lit après un moment intime

Certaines douleurs sexuelles sont liées au contexte du rapport, d’autres à un problème de santé… ou à plusieurs facteurs qui se combinent. Et lorsque la peur d’avoir mal s’installe, elle peut à son tour rendre la sexualité plus difficile ou inconfortable.

Rythme, position, lubrification… le contexte compte aussi

Une pratique sexuelle peut être très agréable à certains moments et devenir inconfortable dans d’autres circonstances.

Parmi les raisons les plus courantes, on retrouve :

Bon à savoir :

Le niveau d’excitation compte aussi beaucoup. Prendre le temps de faire monter le désir avec les préliminaires peut aider le corps à se préparer avant certaines stimulations ou une pénétration.

Un problème de santé ou un changement du corps

Les douleurs sexuelles peuvent être liées à un problème de santé, mais aussi à différents changements du corps :

Plusieurs facteurs peuvent aussi se combiner. Deux personnes qui ressentent une douleur similaire n’ont donc pas forcément la même cause.

La peur d’avoir mal peut entretenir la douleur

Après avoir ressenti une douleur, il est normal d’appréhender qu’elle revienne. Cette anxiété sexuelle peut perturber l’excitation, augmenter les tensions et parfois aggraver les douleurs déjà présentes.

Un cercle peut alors s’installer : vous avez peur d’avoir mal, votre corps se crispe et certaines pratiques deviennent plus difficiles ou inconfortables.

D’autres inquiétudes peuvent aussi renforcer cette anxiété, comme la peur de décevoir son partenaire ou la pression de devoir être performant au lit.

Que faire lorsqu’une pratique sexuelle fait mal ?

Deux partenaires enlacés dans un moment intime de proximité et de communication.

Lorsque la douleur apparaît, le premier réflexe reste de l’écouter. Parfois, quelques ajustements peuvent vous aider à retrouver du plaisir et du confort. Dans d’autres cas, certains signes doivent plutôt vous pousser à demander un avis médical.

Ce que je ressens Ce que je peux essayer Ce que j’observe ensuite
Des frottements, une sensation de sécheresse ou d’irritation. Ajouter du lubrifiant et ralentir les mouvements. Est-ce que la douleur diminue en ajoutant du lubrifiant et avec un va-et-vient moins intense ?
La position me fait mal, ou la pénétration semble trop profonde. Changer de position, réduire la profondeur ou modifier l’angle. Est-ce que toutes les positions sont douloureuses, ou seulement certaines ?
La stimulation devient trop intense. Réduire l’intensité, changer de geste ou faire une pause. Quelle stimulation déclenche la douleur ?
Un sextoy me fait mal. Arrêter son utilisation et vérifier si sa taille, sa forme ou le type de stimulation vous conviennent. La douleur apparaît-elle avec ce jouet uniquement ou aussi avec d’autres stimulations ?
J’ai l’impression que la pénétration « bloque ». Ne pas forcer et arrêter si la tentative est douloureuse. Cette difficulté concerne-t-elle un pénis, un doigt, un sextoy ou également un tampon ?
J’ai mal pendant une pénétration anale. Arrêter ou ralentir, ajouter du lubrifiant anal et ne reprendre que si vous en avez envie et que la douleur a disparu. Est-ce que la douleur est liée au rythme ou à la profondeur ? Continue-t-elle après la pénétration ?
J’ai mal après le rapport. Laisser la zone au repos plutôt que reprendre une stimulation douloureuse. Quand la douleur apparaît-elle et pendant combien de temps ? D’autres symptômes apparaissent-ils ?

L’objectif n’est pas de supporter les douleurs sexuelles, mais de mieux les comprendre.

Nos réponses à vos questions fréquentes sur les douleurs sexuelles

Pourquoi j’ai mal même avec du lubrifiant ?

Le lubrifiant permet de réduire les frottements, mais toutes les douleurs sexuelles ne sont pas liées à un manque de lubrification. La position, la profondeur, le type de stimulation ou encore un problème de santé peuvent aussi être en cause. Si ajouter du lubrifiant ne change rien, essayez surtout d’observer dans quelles circonstances la douleur apparaît.

Peut-on ressentir une douleur sexuelle sans avoir de maladie ?

Oui. Une douleur sexuelle n’est pas forcément le signe d’une maladie ou d’un trouble. Elle peut aussi être liée au contexte de l’activité sexuelle, à la stimulation ou à plusieurs facteurs qui se combinent. Si elle persiste ou revient régulièrement, mieux vaut néanmoins en rechercher l’origine.

Est-ce qu’on peut avoir mal avec un sextoy ?

C’est possible, mais l’utilisation d’un sextoy ne doit normalement pas être douloureuse. Il peut devenir inconfortable s’il est trop grand, si sa forme ne vous convient pas, si la stimulation est trop intense ou si vous manquez de lubrification. Si vous avez mal, arrêtez tout de suite et essayez de comprendre ce qui provoque la douleur avant de l’utiliser à nouveau.